Fonds pour le développement des capacités

le 20 août 2018

Le développement des capacités (DC), l’une des trois missions primordiales du FMI,vise à aider les pays à renforcer et moderniser leurs institutions économiques et à répondre aux besoins de mise en valeur des ressources humaines qui en découlent. Le FMI finance ses activités de DC à partir de ses propres ressources et des contributions des bailleurs de fonds. Ces dernières transitent par un petit nombre de structures spécialisées au sein desquelles le FMI et les bailleurs de fonds conjuguent leurs efforts pour programmer etréaliser les activités de DC.

Les fonds spécialisés de DC obéissent aux priorités de gestion et de politique macroéconomiques. Ils sont pleinement alignés sur les besoins et initiatives de développement à l’échelle mondiale, y compris les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Leurs activités sont complétées par celles du vaste réseau de centres régionaux de DC du FMI.

 

Améliorer la mobilisation des recettes, la gestion budgétaire et la gestion des ressources naturelles

Mobilisation des recettes (RMTF) : Un régime fiscal efficace est fondamental pour tout pays. Le RMTF a été lancé en 2011 pour aider les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure à mettre en place et administrer des régimes fiscaux efficaces. Ils peuvent ainsi mobiliser un flux durable de recettes afin de financer les infrastructures essentielles et les dépenses sociales nécessaires pour atteindre leurs objectifs de croissance et de développement, étendre l'économie formelle et réduire leur dépendance à l'égard de l'aide étrangère. La deuxième phase du fonds a démarré en 2016. Ses partenaires sont le Japon, la Belgique, l’Australie, la Suisse, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Allemagne et la Corée.

 

Outil diagnostique d’évaluation de l’administration fiscale (TADAT) : Le TADAT a été lancé en 2014 pour permettre d’évaluer de façon objective et standardisée le fonctionnement de l’administration fiscale d’un pays. Grâce à cet outil, il est possible de recenser les atouts et les faiblesses de l'administration et de forger un consensus entre toutes les parties intéressées. Il permet ainsi de mettre au point un programme robuste de réformes, de le gérer, de le suivre et d'en évaluer les progrès. Les partenaires comprennent le Royaume-Uni, la Commission européenne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse, le Japon et l’Allemagne.

 

Fonds spécialisé dans la gestion des ressources naturelles (MNRW) : Bon nombre de pays riches en ressources naturelles ne parviennent pas à exploiter pleinement le potentiel que constituent ces richesses. Le fonds MNRW a été lancé en 2011 et a aidé à ce jour 28 pays à mobiliser et à gérer efficacement leur richesse en ressources naturelles. Il contribue aussi au renforcement des capacités de conception et de mise en œuvre de politiques macroéconomiques et macroprudentielles dans les pays fortement dépendants des recettes provenant des ressources naturelles, par nature instables. Il aide également ces pays à assurer une gestion socialement responsable de leurs ressources naturelles. La deuxième phase de ce fonds a démarré en 2016 en partenariat avec l’Union européenne, la Suisse, la Norvège, les Pays-Bas et l’Australie.

 

Promouvoir la stabilité du secteur financier et l’accès à la finance et gérer les problèmes d’endettement

Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) : Le activités de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme peuvent mettre à mal la solidité et la stabilité des institutions et des systèmes financiers, décourager l’investissement étranger et fausser les flux de capitaux internationaux. Créé en 2009, ce fonds aide les pays à renforcer l'intégrité et la stabilité de leur secteur financier, ce qui facilite leur intégration dans le système financier mondial ; améliore la gouvernance, la transparence et l'efficacité des finances publiques ; et stimule la mobilisation des recettes. Il compte sur le partenariat de la Suisse, des Pays-Bas, du Luxembourg, du Qatar, de la Norvège, du Japon, de la France, du Royaume-Uni et de l’Arabie saoudite.

 

Fonds pour la stabilité du secteur financier (FSSF) : Le développement et l’inclusion financiers doivent aller de pair avec la stabilité financière. Le‑FSSF a été lancé est en 2017 pour aider les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire à évaluer et remédier aux risques et aux facteurs de vulnérabilité du secteur financier. Pour contribuer à la promotion de la stabilité du secteur financier, de l'inclusion financière et du développement des circuits financiers, le FSSF appuiera les revues de la stabilité du secteur financier (FSSR), évaluation diagnostique standardisée, donnera suite aux résultats des diagnostics sous la forme de conseils techniques et d’un renforcement des capacités pour améliorer les statistiques de secteur financier. Les partenaires de cette initiative comprennent la Suisse, l’Italie, la Chine, le Luxembourg et la Banque européenne d’investissement.

Facilité de gestion de la dette II (FGD II) : Lancée en 2014, la FGD II est un fonds conjoint du FMI et de la Banque mondiale qui fait suite à la première phase de la FGD, établie en 2008. Grâce à l'assistance de la FGD, plus de 75 pays ont pu évaluer et renforcer la gestion de leur dette, planifier leurs transactions futures avec les bailleurs de fonds et assurer la viabilité de leur niveau d'endettement. Les partenaires sont la Suisse, les Pays-Bas, l’Autriche, la Russie, l’Union européenne, l’Allemagne, la Norvège et la Banque africaine de développement.  

Initiative pour la réforme et le renforcement du secteur financier (FIRST) : La FIRST est un fonds conjoint du FMI et de la Banque mondiale qui promeut le développement du secteur financier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Créée en 2002, cette facilité appuie un large éventail de réformes du secteur financier, notamment dans les domaines suivants : banque, assurance, marchés des capitaux, retraites et préparation aux crises. La Suisse, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Luxembourg comptent parmi les autres partenaires.

 

Renforcement de la prise de décision économique grâce à de meilleures statistiques

Des données pour des décisions judicieuses (D4D) : L'amélioration de la disponibilité, de la qualité, de la couverture, de l’actualité et de la diffusion des statistiques macroéconomiques favorise la prise de meilleures décisions. À partir du mois d'avril 2018, le fonds D4D accompagnera les efforts des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans ce domaine. Il travaillera notamment avec eux à la mise en place des infrastructures nécessaires pour recueillir et faire rapport sur de nombreux indicateurs des Objectifs de développement durable (ODD). De plus, il soutiendra la réalisation de l'enquête sur l'accès aux services financiers, qui est utilisée comme source de données pour un indicateur mesurant les progrès en matière de croissance pérenne et inclusive et comprend des données ventilées par genre. Le Luxembourg est le premier partenaire qui apporte son soutien à l’initiative D4D.

 

Appui aux États fragiles

Fonds en faveur des États fragiles : Dans les États fragiles, l’une des grandes priorités consiste à mettre en place des institutions économiques solides et à former des agents pour les faire fonctionner durablement. Deux fonds spécialisés œuvrent, avec le Soudan du Sud et la Somalie, au renforcement de leurs capacités opérationnelles et techniques afin de rendre leurs institutions économiques et financières plus efficaces, transparentes et responsables. Le fonds pour le Soudan du Sud a été créé en 2012 et l’Union européenne et la Norvège comptent parmi les partenaires extérieurs. Le fonds pour le développement des capacités en matière de politique macroéconomique et de statistiques en Somalie est devenu opérationnel en 2015 et il reçoit actuellement l’appui du Fonds arabe, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Union européenne, des États-Unis et de l’Italie.